L'Echiquier Dracénois

24 février 2017

Votre plus beau souvenir...

Je vous propose d'ouvrir une rubrique consacrée à vos plus beaux souvenirs échiquéens. Cette rubrique sera donc un espace de partage où vous pourrez nous confier les grands moments de votre vie de joueur. Des parties essentiellement, je l'imagine bien. Mais est-ce seulement ça ? Bien sûr que non. Parfois, une simple rencontre et quelques mots échangés avec une figure connue de notre jeu - sur une partie en cours, pourquoi pas ? -  peut transformer un tournoi, jusqu'alors en demi-teinte, en souvenir impérissable. Juste le fait d'avoir été en accord, d'avoir eu la même vibration un court moment qui, du coup, perd toute temporalité. C'est le pouvoir de cette passion que je voudrais voir illustré dans cette colonne.

La ville de Hyères a connu une époque de grands tournois - malheureusement révolue faute de salle - auxquels de nombreux joueurs titrés prenaient part. C'était l'occasion pour l'amateur que je suis d'être confronté à des joueurs professionnels, aguerris et déterminés. Sans me leurrer aucunement sur l'issue de la partie, j'avais alors juste l'espoir de ne pas perdre de façon ridicule et, au bénéfice d'une soudaine inspiration, de produire quelque chose d'esthétique, même dans la défaite. Je pouvais aussi avoir la chance de glaner, à l'analyse, quelques informations précieuses sur mon ouverture fétiche ou sur mes lacunes en finale. C'était, en toute modestie, le gain que j'espérais : capitaliser le savoir-faire "piqué", ici et là, à des joueurs acceptant d'aller au-delà du simple résultat binaire.

En avril 2006, à la quatrième ronde d'un open hyérois, je m'assieds donc face au MI bulgare Dimitar Marholev. Pour les férus d'Elo, j'étais à l'époque 1984 et mon vis-à-vis 2419. Mais ce n'est pas le plus significatif. Quelques mois auparavant, je m'étais amusé, sûr de mon fait, à lui débiter à tempo les 15 premiers coups théoriques d'une défense Breyer, pour me gauffrer lamentablement au 16ème et coucher mon Roi au milieu d'une poubelle, on va dire au 20ème. La déconfiture totale et l'exemple parfait de ce qu'il ne faut jamais faire ; réciter une variante d'ouverture... incomprise. Cela nous avait bien fait rire à l'époque, le temps d'une courte analyse, même si je m'en voulais, en mon for intérieur, d'être à l'origine d'une partie gâchée aussi stupidement et qui était surtout en contradiction totale avec ce en quoi j'aspirais.

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Dimitar Marholev, à Montpellier en 2014 (photo Chess & Strategy)

Je ne retrouvais ainsi face à mon exécuteur qui, le sourire aux lèvres, pousse son Pion "e" de deux cases, après la traditionnelle poignée de main. J'étais dans mes petits souliers, sous le coup de cette montée d'adrénaline que nous avons tous connue à l'entame d'une partie, et encore sensible au souvenir de ma précédente raclée. D'autant que ma réponse symétrique pouvait passer pour une invitation présomptueuse à reproduire l'ouverture qui consacra ma débacle, alors que je ne me sentais absolument pas de taille à relever le défi, loin de là !

Nous jouâmes bien une Espagnole, mais pas la variante Breyer...

Là, je proposais nulle, évidemment tout à fait incertain de la réponse, mais avec le sentiment que, quelque part, ma proposition était légitime. Et Dimitar accepta...

Je fis un bond, même plusieurs ; j'en ai perdu une tong, retrouvée sous une table à dix mètres de mon échiquier. Nikola Penkov, témoin de la scène à l'époque, pourrait vous le confirmer. Je n'ai jamais ressenti, aux échecs, une joie aussi profonde, aussi viscérale, que ce jour-là. A l'exception, peut-être, de celui où je vis mon premier problème publié dans la revue Europe-Echecs, en 1983. Bernard Ramazzotti, pilier des échecs varois et organisateur de l'open, s'empressa de rentrer la partie sous Chessbase, pour la soumettre au "jugement" d'un moteur d'analyse... qui valida le résultat. Concrètement, les Blancs n'ont pas mieux que le perpétuel, sauf au prix de risques inconsidérés. Du coup, ma partie s'auréolait de cette espèce de vertu que confére l'évaluation concordante de ces programmes à l'effarante puissance de calcul. 

Mais, avant tout chose, c'est la joie affichée par mon adversaire qui me combla. De retour devant l'échiquier, après mes sauts de cabri, j'avais du mal à en croire mes yeux ; il souriait ! C'était quand même une contre-performance pour lui ! Je n'en revenais pas. Pourtant, il me tendit la main et me félicita chaleureusement, à plusieurs reprises. Il n'était plus question de titre ou de différence de classement ; ces considérations n'avaient plus lieu d'être. Comme si la consistance de l'affrontement les avaient balayées, parce que devenues triviales, voire artificielles. Seule comptait la joie d'avoir disputé une belle partie d'échecs, et c'est tout. 

C'est bien là que s'llustre essentiellement notre passion, dans le partage de ces moments privilégiés avec des joueurs aux origines et parcours aussi divers que variés. Sans cela, notre microcosme s'effondrerait, privé de sa capacité à rassembler. C'est un véritable pouvoir, pas si fréquent que ça de nos jours...

Voilà, c'est mon plus beau souvenir aux échecs, toujours aussi vivace dix ans après. Pas grand-chose, à vrai dire, et pourtant...

A votre tour !


20 février 2017

Ce n'est pas parce que c'est le pion "c" qu'il faut s'endormir !

Un joli trait d'humour de Greg, alors que nous nous penchions sur une position, où la poussée d'un pion "c" offrait un gain. C'est aussi un adepte du "Simple chess, simple chess !" lorsqu'il joue un coup gagnant !

Je ne peux pas m'empêcher de reproduire la citation qui présentait mon premier blog, et dont je suis assez fier : "Aux échecs, je suis un amateur éclairé... et rarement lumineux !" Elle a surtout le mérite d'être réaliste, dirons certains ! 

Certaines répliques sont passées à la postérité, comme celle de Boris Spassky à un journaliste : "- Préférez-vous une dame de plus aux échecs ou dans la vraie vie ? - Ça dépend de la position !" L'ancien champion du monde est réputé pour son humour.

Et celle de son compatriote et autre détenteur du titre, Mikhail Tal : "Je bois, je fume, je cours après les filles, mais les échecs par correspondance sont un vice que je n'ai pas !" Elle pas mal non plus, celle-là !

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Mikhail Tal en 1982. C'est vrai que l'on pouvait fumer en plein tournoi à l'époque !

Et le grand David Bronstein sur Tal : "Plusieurs personnes se sont demandées comment Tal faisait pour gagner… En fait, c'est très simple ! Il met ses pièces au centre de l'échiquier et les sacrifie quelque part !" Cela donne une idée de l'impression incroyable que le magicien de Riga donnait sur l'échiquier. Il disait d'ailleurs, à ce propos : "Ma réputation prend parfois ma place à table !" ou encore "Il y a deux types de sacrifice : ceux qui sont corrects et les miens !

Justement, sur les sacrifices, par Xavier Tartakover : "Il vaut mieux sacrifier les pièces de l'adversaire !" Une vision plus pragmatique...

Une autre réplique célèbre, de Fischer à un journaliste : "- De quoi parliez-vous avec monsieur Spassky ? - Quand j'arrive, je lui dis bonjour ; quand je pars, je lui dis échec et mat !" Bonjour la pression, oui !

Une autre très représentative de l'état d'esprit du regretté Victor Kortchnoï, apatride dont les relations avec l'ancienne URSS furent plus que tendues : "Je considère la neutralité comme une maladie grave !" Mais était-ce réellement de l'humour ?

Le grand professeur Kotov avait aussi quelques bons mots : "Un plan correct fait de nous des héros ; l'absence de plan fait de nous des zéros !

Edouard Goudfeld n'était pas en reste. Un exemple au sujet de la variante Saemisch de la défense Grundfeld (avec le Pion blanc en f3) : "Demandez au pauvre Cg1 ce qu'il en pense !" 

Enfin, une que je trouve vraiment géniale, dégotée sur le site Echecs & Stratégie"A ce moment-là, je menaçais de comprendre la position !" de Clément L'Heureux. On s'attend à quelque chose de terrible pour son adversaire, vu que la menace est toujours plus forte que l'exécution !

Vous en connaissez d'autres ? Ajoutez-les en commentaires et on se fait une petite compil !

19 février 2017

Joueur d'échecs, un athlète comme les autres !

Pour ceux qui l'auraient loupé, voici le reportage très sympathique que France 2 a consacré à MVL.

Notez que notre champion vient de démarrer le 1er Grand Prix FIDE en trombe, à Sharjah, avec deux victoires sur Li Chao et Richard Rapport. Moi, j'y crois ; c'est notre futur candidat !

> Suivre le 1er Grand Prix FIDE avec Europe-Echecs 

17 février 2017

La 5ème édition du Salon Sud Seniors...

...le salon de la retraite et du temps libre, ouvre ses portes le jeudi 23 février 2017 au complexe Saint-Exupéry, à Draguignan.

affiche

Notre club y tiendra son stand avec Pierre comme principal interlocuteur. Nous installerons quelques échiquiers et inviterons les visiteurs à jouer contre des membres de notre association. Nous espérons ainsi mieux la faire connaître auprès du public dracénois... de tout âge !

Le Salon Sud Seniors est spécialiste des évènements "seniors" en PACA et en Corse. Voici leur site.

Pour vous démontrer que la retraite n'est pas synonyme d'inactivité, voici un petit diagramme que je tire du Partage du Roi.

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Les Blancs jouent et gagnent

Cette position célèbre est extraite de la partie Filguth - De la Garza, jouée à Mexico en 1980. Si vous en trouvez la solution en moins d'une minute, vous pourrez considérer que vous avez accompli votre gymnastique cérébrale journalière avec succès.

Je vous donnerai la solution au stand !

15 février 2017

Le Tournoi des Fous, troisième étape...

...de notre championnat du Var rapide, après Sanary et la Farlède, approche à grands pas. Les joueurs de toute la région, et d'ailleurs (!), sont attendus le dimanche 9 avril 2017 pour la 23ème édition de ce tournoi renommé. Vous trouverez toutes les informations sur son affiche. 

Attention, la clôture des inscriptions est prévue le jour du tournoi à 9h (pas de préinscriptions). La première ronde débutera à 9h30. 

Si besoin, vous pouvez me contacter à l'adresse fabrice.touvron@gmail.com ou au 06 31 80 33 41.

> Les rapides varois du championnat du Var 2017 avec grilles et photos !

> Le classement provisoire

> Les grilles FFE de l'édition 2016 du TdF : A, B et C !

> Les albums photos : 2007, 2013, 2014, 2015 et 2016 !

13 février 2017

Ian prend la tête de notre challenge...

...dracénois avec 18 points ! Avec 4 podiums sur les 5 tournois joués jusqu'à maintenant, cette première place salue son assiduité et sa qualité de jeu. La deuxième marche est occupée par Christophe (17,5 pts) et la troisième par Laurent (14 pts). Basile (2120) et Nicolas (2000) restent en embuscade. Il faut s'en méfier, ils ont les dents de plus en plus longues ! A eux deux, ils ont raflé près de 1000 points en rapide (+650 et +270) ! A ce propos, voici la nouvelle édition du classement varois, dressée par l'infatiguable Bernard Ramazzotti.

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Ian prend la tête du challenge dracénois

Il nous reste deux tournois, prévus le 04 mars et le 6 mai dans notre calendrier interne. Mais rien n'empêche d'en intercaler d'autres si l'affluence le permet. Le but est de s'amuser tout en s'entrainant à la cadence rapide, vu que de nombreux joueurs dracénois participent au circuit de notre département, l'un des plus étoffés de France. Jusqu'ici, près de 40 joueurs ont pris part à notre challenge. C'est très encourageant ! 

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 Ian et Basile en pleine action !

> Le classement provisoire du challenge dracénois